Autisme
L'autisme apparaît dans les premières années de la vie et perturbe gravement les relations sociales. Une prise en charge précoce et une pédagogie adaptée peuvent éviter les évolutions les plus sombres, mais la majorité des autistes présente un handicap important qui réduit sévèrement leur autonomie à l'âge adulte.
L'autisme infantile est un trouble global et précoce du comportement apparaissant avant l'âge de trois ans. Il se caractérise par un fonctionnement déviant et retardé dans le domaine des interactions sociales, de la communication et du comportement. Il concerne 4,9 enfants sur 10 000 naissances avec 3 ou 4 garçons pour une fille.
Les débats sur l'origine de l'autisme sont toujours tendus entre les tenants des thérapies d'inspiration psychanalytique, pour lesquels l'autisme est un trouble mental, et les partisans des méthodes exclusivement éducatives qui tentent de démontrer son origine organique. La question n'est pas tranchée : dans l'état actuel des connaissances, on peut dire que l'autisme est probablement plurifactoriel, avec une dimension neuro-biologique prédisposante et des facteurs psychologiques et affectifs.
Les premiers signes de l'autisme se manifestent, chez le petit enfant, par un retrait relationnel : il fuit le regard et ne répond pas aux sollicitations verbales. Apparaissent ensuite des gestes, appelés stéréotypies, très caractéristiques. L'enfant se balance, se lèche, joue avec ses mains. Chez un certain nombre d'autistes, le langage oral n'apparaît pas. Chez d'autres, il apparaît brutalement, mais il est utilisé de façon non communicative. L'enfant répète des mots (on parle d'écholalies) ou des gestes, sans que l'on puisse y repérer une volonté d'échange avec autrui. Cet ensemble de comportements donne le sentiment que l'enfant est indifférent à ce qui l'entoure.
Le développement psychomoteur des jeunes autistes est normal ou légèrement retardé. Une minorité de jeunes autistes de " haut niveau " parviennent à suivre une scolarité ordinaire et peuvent vivre indépendants à l'âge adulte. Les autres présentent une déficience intellectuelle moyenne ou profonde et ne parviennent pas à acquérir une autonomie sociale.
Les différentes options existantes sur les causes de l'autisme ont de grandes conséquences sur les choix de prise en charge. Un seul point fait l'unanimité : le dépistage précoce est indispensable. La prise en charge psychothérapique et/ou rééducative permet parfois d'éviter l'évolution une déficience mentale profonde, avec une absence de langage et une dépendance extrême au quotidien.
Dès le dépistage de signes inquiétants par le pédiatre, les enfants autistes peuvent être pris en charge dans des centres pluridisciplinaires destinés aux enfants de moins de 6 ans, comme les Centres d'action médico-sociale précoce. L'intégration scolaire en milieu ordinaire est souvent possible en maternelle mais rarement au-delà des premières années du primaire. La plupart des jeunes autistes rejoignent le milieu spécialisé ou sanitaire : Institut médico-éducatif (IME) ou hôpital de jour (secteur psychiatrique) et des Maisons d'accueil spécialisées à l'âge adulte.
Source: Ministère de la Santé, de la Famille et des Personnes
handicapées
Rédaction: Avril 2003